Louis TRENGLOUX est célèbre pour faire bien vivre ses Interviews.
Très attaché aux valeurs de l’US IVRY FOOT, il a accepté d’animer une nouvelle rubrique appelée :

LA PARENTHESE ATTENDUE

Une seule règle du jeu: langue de bois interdite et loyauté exigée !

Bonne lecture !!

NOVEMBRE 2013

christophe p cp-yb

Coté pelouse avec parfois la solitude pour le temps des décisions, et coté bureau ici avec le Directeur Sportif Yoann BEUNAICHE

En piste depuis le mot de juillet et sans interruption sur les terrains, le groupe de Christophe Pineau est au repos ce week-end. Louis Trengloux en a donc profité pour aller à la rencontre de celui qui dirige l’équipe fanion depuis bientôt 4 mois…

Louis Trengloux : Le président Créoff a présenté ta nomination comme une évidence. Qu’en était-il de ton coté ?

Pour être honnête je ne m’y attendais pas. Bien entendu avoir obtenu le DEF (Diplôme d’Entraineur de Football) et être impliqué dans la vie de l’équipe CFA depuis plusieurs saisons me plaçait dans une liste de successeurs potentiels mais sans créer pour autant de réelle attente. Je n’avais pas la prétention d’être le candidat idoine.
Maintenant je dois avouer qu’une fois la proposition du Président Créoff entre les mains je n’ai pas hésité très longtemps avant d’accepter car il s’agit d’une vraie fierté.

LT : Comment s’est passée la transition avec Pierre Mbappé ?

Tout d’abord il convient de rappeler le contexte très particulier de cette nomination :
1) sportivement le maintien n’était pas encore acquis
2) la manière soudaine dont le non renouvellement de Pierre fut annoncé par voie de presse.

Ainsi dans ce contexte tout à fait spécial, j’ai pris la décision de m’écarter pour ne pas être témoin de certains comportements que je n’aurais pu cautionner.
Je peux comprendre que Pierre n’ait pas compris ma position. Il est donc venu me voir et nous avons eu une discussion.
Il m’a conseillé de faire attention et m’a comparé à Alexandre Monnier du Paris FC (que je ne connais pas).
Dès lors je me suis toujours gardé de tout commentaire sur le sujet car j’ai, malgré mon âge, de l’expérience en la matière.

Une fois le maintien acquis face à Villemomble, lors de l’ultime journée faut-il le rappeler, et la page Pierre Mbappé respectueusement tournée, je me suis mis au travail pour préparer la saison à venir.
J’ai sollicité des joueurs de l’effectif et n’ai pas toujours compris leurs réponses, et même parfois leur absence de réponse.
Ils ne semblaient pas accepter ma nomination.
Quand je vois aujourd’hui la situation de quelques-uns, je suis satisfait d’avoir opté pour cette sage attitude de retrait.

LT : Quelles différences majeures existe-t-il entre le rôle d’adjoint et celui d’entraineur « en chef » ?

Pour être tout à fait clair c’est simple et il n’y a qu’une seule vraie différence : tu prends les décisions et les assumes ! Tu es le seul décisionnaire et tu dois être prêt à être sanctionné, positivement ou négativement, pour les choix que tu fais.
Tu ne peux plus te contenter de donner ton « avis ». Ta voix n’est plus seulement consultative. Tu es le décisionnaire et prends tes responsabilités.

LT : Comment as-tu constitué ton staff et comment celui-ci est-il organisé ?

Une fois nommé j’avais deux priorités dans la constitution du staff : un entraineur des gardiens de but (après différents rendez-vous j’ai choisi Thierry Lepesqueux) pour son apport spécifique et un renfort au niveau médical (Damien Molla qui dès le premier entretien s’est imposé…comme une évidence).
Ces choix ayant des conséquences financières non nulles sur le budget du club, il était impératif de procéder à des arbitrages avec d’autres dépenses (un joueur, un employé pour la partie gestion administrative du club) et dégager un budget pour la venue de Jérôme Rabin pour l’école de Foot.
Le club répond effectivement, sous l’impulsion du Bureau Foot et de « Mister Euros » Guillaume SAUTEUR, à des critères stricts de bonne gestion financière et aux obligations régulières de la DNCG.
C’est un autre championnat qui se dispute devant l’organisme de contrôle de gestion de la FFF, nous ne pouvons l’occulter et vivre aux dessus de nos moyens.

Pour revenir sur l’aspect médical, l’idée était d’avoir une présence accrue tant au niveau de l’ostéopathie / kinésithérapie que du travail de récupération, en piscine par exemple. L’idée de fond était d’élargir le champ d’action du staff médical. A ce jour je me félicite d’avoir peu de blessés, d’autant plus qu’une période très difficile sur le plan athlétique nous attend avec l’arrivée de l’automne et de l’hiver et de nombreux matchs sur terrains gras.

Enfin, j’ai la chance de pouvoir compter à chaque rencontre sur un staff dirigeant disponible (Aly, Dominique et Mohand).
Ce staff est élargi lors de chaque rencontre à domicile pour des raisons logistiques.
Dans ces moments-là chaque détail compte et peut influer sur nos performances.

Je fonctionne en déléguant au maximum mais en étant tout de même présent car comme on le dit « la confiance n’exclut pas le contrôle ».

LT : Peux-tu nous résumer ton parcours ? As-tu un modèle / une référence ?

Mon parcours de joueur : à Blois jusqu’en U15 DH ; puis à Louhans à partir des U15 nationaux jusqu’en Sénior (CFA 2 / National) soit 5 ans. Du fait des difficultés extra sportives de Louhans je suis retourné jouer à Blois en CFA2 une saison avec une accession en CFA à la clé.

C’est à ce moment, et bien qu’âgé de 21 ans, que j’arrête de jouer pour retourner à Louhans en qualités d’entraineur des U15 DH et adjoint au directeur du centre de formation. Je passe rapidement une partie de mes diplômes (jusqu’au BE).
La passion d’entrainer est née à cet instant pour ne jamais s’arrêter.
Après 5 années passées à entrainer les jeunes à Louhans, je rencontre de grosses difficultés avec la direction du club après m’être opposé à elle car certaines situations me paraissaient douteuses.
On m’a alors viré, le terme n’est pas trop fort. Mais avec l’aide de Maitre Vincent Durand j’ai pu me défendre et gagner mon procès.
C’est à ce moment-là que Michel Castejon et Yoann Beunaiche vont me tendre la main et me relancer du côté d’Ivry où j’entraine successivement les U19 DHR / DSR, les U15 DH ainsi que (un peu) les 14 Fédéraux. Puis je m’occupe de la DHR avant d’accéder à mes fonctions actuelles d’entraineur CFA.

Je n’ai pas de référence dans le monde « pro ». Je reste sur terre et mes références sont des gens « accessibles », des personnages qui ont des problématiques identiques aux miennes et qui exercent le même métier.
Quel intérêt aurais-je à dire que Pepe Guardiola est une référence pour moi ? Nous n’évoluons pas dans le même monde.

J’ai par contre eu la chance de croiser lors de mon apprentissage au centre de formation de Louhans Patrick Gabriel (NDLR : actuel responsable de la formation à Nancy).
Il nous répétait que tout joueur issu d’un centre de formation, à défaut d’être joueur professionnel, devait pouvoir se servir de cette expérience pour son avenir professionnel qu’il soit dans le football amateur (en tant que joueur, éducateur ou dirigeant) ou pas.
Il est à ce jour encore pour moi non pas un modèle à proprement parler mais une source d’inspiration régulière.

LT : T attendais tu à ce début de saison de la part de ton groupe et as-tu douté après le match de de Roye (3 défaites après 4 journées) ?

Je m’attendais à des débuts difficiles du fait du renouvellement très important de l’effectif en début de saison : beaucoup de nouveaux joueurs, beaucoup de jeunes joueurs.
Du coup je n’ai pas douté car on savait que cela serait compliqué, au début tout du moins.
Pour rappel l’effectif de cette saison ne compte que 3 joueurs régulièrement appelés en équipe première la saison dernière.
Durant toute cette période nous avons, le staff, les joueurs et moi-même, travaillé dur.
Ce travail fut réalisé en parfaite harmonie avec le Bureau Foot, Michel Castejon et Yoann Beunaiche pour atteindre les objectifs, individuels et collectifs, de progression que nous nous sommes tous fixés.

Je dégagerais 3 moments clés de notre début de saison : tout d’abord la victoire acquise dans les arrêts de jeu contre Dieppe (3-2) car ce fut la première de la saison (matchs amicaux compris).
Ensuite la victoire contre Amiens (2-1) car elle symbolise le départ de notre série d’invincibilité en championnat toujours en cours à ce jour.
Enfin la victoire sur le terrain de Beauvais (2-1 également) car elle nous a permis de franchir un cap face à une belle équipe composée de joueurs de talent et qui joue la montée en National.

LT : Qu’attends-tu de cette première saison ? As-tu des objectifs personnels ?

L’objectif reste d’être dans le top 10 de notre groupe de CFA car rien ne sert de s’emballer suite à la bonne série actuellement en cours.
Nous en parlons d’ailleurs en toute transparence avec le groupe et je sais très bien que le classement actuel est tronqué car plusieurs équipes comptent un match de moins.
D’un point de vue personnel, l’idée est d’aller aussi haut que possible, ne pas se mettre de limite une fois le top 10 atteint.

LT : Peux-tu nous décrire ta semaine type en USI Foot ?

Mes activités au sein du club sont multiples.
Ainsi, je continue de participer, notamment en début de semaine, à des taches administratives au niveau du club.
Côté terrain on s’entraine en règle générale 4 fois par semaine.
A ces séances s’ajoutent les soins et la gestion des blessés. Il n’est pas rare d’organiser des séances individualisées pour les joueurs de retour de blessure ou en manque de temps de jeu.
J’assiste également à un maximum de matchs de l’équipe DHR pour des raisons évidentes de gestion d’effectifs. J’essaie également d’être présent aux matchs des U19 dès que cela m’est possible.
Je garde également un œil sur l’école de jeunes car mon raisonnement est simple : les jeunes du club sont potentiellement nos premières recrues. De plus en tant que jeune entraineur je me sens concerné par la présence de jeunes au sein du club.
L’idée-force, relayée par les membres du bureau, est de créer un esprit club en USI Foot.

LT : Récemment un salarié du Parisien t’a qualifié d’introverti. Es-tu d’accord avec ce qualificatif ? Pourquoi ce « silence » avec Le Parisien ?

Ce qualificatif m’a beaucoup surpris car je réponds aux sollicitations que je reçois.
Je ne suis effectivement pas fan des commentaires de match à chaud. Et pour tout ce qui concerne la vie du club ce n’est pas en aucun cas à moi de m’exprimer sur ces sujets.
J’ai remarqué en arrivant en région parisienne que chacun donnait un peu son avis sur tout et n’importe quoi. Or si chacun est libre de s’exprimer il est toujours, selon moi, préférable de ne le faire que dans son domaine de compétences.

Concernant le quotidien Le Parisien : j’avoue ne pas comprendre les méthodes employées (recherche de « la petite phrase » sortie du contexte, diffusion d’informations inexactes ou déformées sans vérification complémentaire) ni même le fil conducteur car dès ma prise de fonction j’ai eu le sentiment d’être constamment comparé voire opposé à Pierre Mbappé.
J’ai senti parfois aussi qu’on tentait de me piéger à travers certaines questions. Il est impossible pour moi de jouer à ce jeu. Les joueurs ont d’ailleurs un sentiment de méfiance eux aussi car ils sentent parfois au hasard d’une discussion anodine qu’on pourrait les piéger.

Je n’oublie pas non plus le traitement qui nous a été réservé suite à nos matchs amicaux et notre début de championnat…sans même s’interroger sur le pourquoi du comment de nos difficultés. On sentait presque une volonté « de faire mal », de nuire.
Nous étions une équipe à la dérive et voici que 2 mois plus tard nous sommes portés aux nues. Je ne comprends pas la logique.
Et même quand un article « aimable » sort il n’est pas forcément précis. Je fais référence au court portrait de début novembre dans lequel les sources citées sont des personnes de Blois qui ne sont donc pas forcément les mieux placés pour parler de moi. L’intention était peut être louable mais à l’arrivée c’est quelque peu raté.

J’avoue sincèrement ne pas tout comprendre à leur démarche. Mais dans la vie rien n’est jamais définitif même s’il faudra du temps pour que la confiance revienne car s’ajoute à tout ce que je viens d’évoquer la gestion plus que douloureuse du dossier « Val de Fontenay » qui n’avait rien à voir avec le football, RIEN.

LT : Quels sont tes ambitions à moyen et long terme ?

Les premiers objectifs sont clairs : maintenir, dans un contexte économique de plus en plus difficile, Ivry en CFA de manière pérenne et faire du club une référence régionale en termes de sérieux et de valeurs défendues.
Cette image doit être perçue aussi bien en région parisienne qu’en province lorsque les clubs se déplacent sur Ivry ou quand nous nous rendons chez eux.

Ensuite, quand je vois toute l’énergie investie par les dirigeants et le travail fourni au quotidien, la question d’ambitionner autre chose se posera je l’espère un jour ou l’autre.
Avec autant de travail, d’envie et de qualité, il n’est pas insensé, avec le soupçon de réussite nécessaire, de vouloir viser plus haut quand les conditions seront réunies.

Individuellement le rôle de l’entraineur est, selon moi, de créer une dynamique puissante, un groupe, un ensemble homogène et cohérent qui fonctionne quel que soit le statut (titulaire / remplaçant) des hommes qui le composent. C’est le vrai rôle de l’entraineur : animer et fédérer un groupe.
J’ai d’ailleurs la chance d’avoir cette saison beaucoup de plaisir à travailler avec mon groupe en qui je peux avoir confiance. Ce groupe est attentif, appliqué et fait preuve d’une vraie envie. Les joueurs attendent beaucoup de moi et réciproquement. Peut-être le début d’une belle histoire…

——————————————

AOUT 2013

REPRISEcfa

Alors que la reprise de l’équipe CFA a eu lieu ce jeudi 11 juillet, le site de l USI Foot a décidé, pour introduire sa saison, d’interviewer le Manageur Général du club Michel CASTEJON pour un large tour d’horizon du football en USI… mais pas que…

Louis Trengloux : Quel bilan tirez-vous de la saison 2012/13 et également des 5 années de Pierre MBAPPE ?
Michel CASTEJON : Le bilan est globalement positif. Positif car nous avons connu une rupture avec les gestions du passé. Nous avons toujours terminé dans la première moitié de tableau avec parfois des opportunités de monter au niveau supérieur.
La seule question toujours en suspens est « que nous a-t-il manqué pour y parvenir quand nous nous sommes retrouvés en position de monter ? ». Sur ce point nous avons un petit goût d’inachevé.

Sur la fin de contrat de Pierre MBAPPE – période jamais simple à gérer – on ne peut que regretter la trahison du journaliste du Parisien qui, pour d’obscures raisons, a décidé d’officialiser une information qu’il ne devait pas révéler. J’avais d’ailleurs informé Pierre en début de saison de ma décision, nos divergences d’opinion étant définitives. J’en avais profité pour lui conseiller de quitter la région parisienne qui semblait selon moi le « polluer ».
J’avais donc demandé au journaliste d’attendre que Pierre trouve un club ou choisisse lui-même sa sortie. Je me suis fait berner. C’est un manque de respect pour le club et pour Pierre privé ainsi de la sortie qu’il aurait méritée.
Il faudra tout de même retenir que nous avons pris le club en CFA2 et l’avons maintenu en CFA avec un budget de fonctionnement quasiment identique.

LT : Quelles sont vos attentes pour la saison 2013/14 ?

MC : Concernant la CFA nous avons beaucoup de visages nouveaux (équipe et staff) ce qui induit de nouvelles pratiques et un nouveau fonctionnement dans un contexte économique et social pas simple. Nous attendons donc que l USI Football reste au niveau atteint avec de beaux coups d’éclats sportifs. Nous devons donner aux gens l’envie de venir à CLERVILLE. Nos jeunes joueurs et éducateurs doivent également pouvoir vivre de leur rêve y compris en CFA.
Le Groupe A sera une nouvelle fois peu attractif pour ce type de championnat, ainsi le décide la FFF et dire que les clubs sont représentés à la LPIFF et FFF par des Dirigeants… qui y font quoi au fait ??

Pour les autres catégories il est encore trop tôt pour s’avancer du fait de la nouvelle organisation. Nous devons apprécier les potentiels et mettre en place la nouvelle organisation avant de se prononcer. Ce serait irresponsable et prématuré d’annoncer un objectif, quel qu’il soit, à ce jour.

Yoann BEUNAICHE a déjà commencé à faire bouger les choses, mais pas encore assez à mon goût. L’exemplarité doit être visible à tous les niveaux, ainsi ceux qui travaillent « mal » au niveau des équipes de jeunes doivent être écartés car la responsabilité des éducateurs est devenue très importante.
Nous ne pouvons donc plus continuer de fonctionner avec comme seul objectif la politique du nombre. Nous devons inclure plus de qualitatif. Ainsi aujourd’hui de plus en plus de nos éducateurs passent des diplômes et développent leur savoir-faire football et compétences techniques.
Dans cette perspective de foot formation, l’arrivée de Jérôme RABIN va nous aider. Son apport sera un vrai plus pour le club et ses licenciés.

Grâce à nos investissements, les équipes FSGT sont bien en place et pour la saison à venir une nouvelle équipe, MELTINGPOTES, a même vu le jour.

Nos arbitres eux aussi sont à l’écoute et nous savons que notre marge de progression dans ce domaine est également importante.

Une chose est certaine et vérifiable aujourd’hui : l’accès au haut niveau pour nos joueurs issus des catégories de jeunes (cf. nos jeunes ex U19 COPE – LEBRUN et GRIRA, ou nos ex DHR intégrés cette saison) et nos éducateurs (cf. promotions internes déjà annoncées). Pour cela un grand merci au Bureau Foot (Michel CREOFF – Michel BOUVAT – Pascal BARDOU – Adrien OLLIVIER) qui a su être à l’écoute et ok avec cette démarche qui requiert de la patience et de l’investissement.

LT : Un mot sur la nomination de Christophe PINEAU ? D’autres candidats étaient-ils sur les rangs ?

MC : Quand « l’officialisation » du départ de Pierre MBAPPE a eu lieu dans la presse, le premier nom de ma liste était celui de Raymond DOMENECH. Le challenge était difficile et je n’ai malheureusement pas eu le temps d’avancer mes pions.
Deux pistes externes ont ensuite été explorées. S’agissant d’entraineur en poste à ce jour il n’est pas utile de les citer.
Christophe était parfaitement informé de ma démarche puisque son avis, en tant que membre du staff CFA, était important et il était donc à ce titre consulté.
Puis, alors que mes réflexions étaient en cours, Christophe a brillamment obtenu son DEF. J’ai alors senti une énorme envie non exprimée de sa part…
Les premiers retours en interne étant très positifs sur cette hypothèse, nous avons alors avancé sur ce projet qui finalement sonnait, comme le Président CREOFF l’a ensuite exprimé, « comme une évidence ». Tout simplement.

LT : Comment le groupe CFA a-t-il été constitué ?

MC : Christophe PINEAU est le responsable unique du recrutement. Il n’y a eu aucune ingérence de ma part dans le recrutement pas plus qu’il n’y en aura dans la composition de l’équipe. J’ai toujours fonctionné ainsi que ce soit durant ma carrière pro ou à Ivry.

Christophe a d’abord conservé au maximum les joueurs sur lesquels il comptait puis a recruté en fonction des postes à pourvoir et dans le respect du budget alloué.
Notre souhait était d’avoir des recrues exemplaires qui soient ainsi des repères techniques, tactiques et morales pour l’ensemble des sportifs du club. Il fallait ensuite aller vite afin de pouvoir boucler au mieux ces dossiers…et permettre à tous quelques jours (ou heures) de repos. Nous avons plutôt été assez réactifs et vite nous avons su où nous allions.

J’ai personnellement reçu chaque joueur pour les négociations salariales et la partie fut serrée car chez nous on ne paie pas pour voir. Nous ne sommes pas autour d’une table de poker. Par contre nous savons reconnaitre la valeur des individus.

Je crois savoir que le coach souhaite encore deux renforts. Il a notre feu vert.

LT : Quel sera votre rôle cette saison ?

MC : Je serai plus présent que la saison passée durant laquelle Jean Philippe FORET était délégataire sur l’aspect sportif. Mais ce dernier a démissionné dès l’automne nous « plantant » ainsi en pleine saison.
Je serai intransigeant vis-à-vis des joueurs et staff comme le réclame mon poste de manageur général ayant reçu délégation du bureau directeur en ce sens.
Enfin, nous continuerons d’être, avec Guillaume SAUTEUR, les garants de l’orthodoxie financière du club.

LT : Justement le contexte actuel (économique et social) mentionné tout à l’heure est-il inquiétant et impactant pour le club ?

MC : La situation d’Ivry est très saine. Cela est confirmé par la DNCG qui a validé le sérieux de nos positions et notre solidité financière. Les difficultés économiques externes rencontrées aujourd’hui ont été anticipées en amont via une gestion sage et se refusant à toute surenchère. Nous laissons les joueurs faire le tour du périphérique. Ces derniers devraient néanmoins se méfier, le carburant est chaque jour de plus en plus en cher…
Nous avons su internaliser des compétences en la matière au sein du comité directeur. Nous restons maitres de notre destin et sereins malgré les difficultés actuelles.

Les collectivités locales (Mairie et Conseil General du 94) ainsi que nos partenaires (Allez Ivry – Soccram et Aramis Uhlsport) continuent d’ailleurs de nous soutenir durablement preuve que notre gestion est efficace même si nous restons dans l’ombre et peu actifs dans les opérations de communication.
LT : Avec transition peut être un mot sur le football amateur francilien ?

MC : La situation est catastrophique. Mais est-ce bien surprenant ? Nous sommes arrivés à l’époque du football passion géré à l’émotion.
Chacun annonce haut et fort beaucoup d’ambitions et cède à toutes les demandes de joueurs devenus, pour certains, de véritables mercenaires, pour vivre à court terme et dans la communication.
Les Educateurs sont devenus des conseillers / agents. Le réseau devient essentiel au détriment des compétences techniques négligées.
Ce monde est caractérisé par l’instabilité et l’absence de raisonnement à moyen terme et de règles.
C’est l’absence d’Educateurs de haut niveau qui m’inquiète le plus.

LT : Peut-on revenir sur « l’affaire Fontenay » ?

MC : Il s’agit d’un événement exceptionnel et totalement extérieur au football ni Ivry ni Fontenay n’étant à l’origine de ces incidents.
Je tiens à souligner le sang-froid dont on fait preuve presque tous les acteurs de l’US Ivry Football. Les officiels ont été protégés par les deux clubs et leur intégrité physique préservée.

Nous sommes satisfaits également que les instances du football aient traité ce dossier avec des décisions « foot », en ce sens le Comité d’appel ne pouvait pas prendre d autres décisions.
Il restera à la justice de sanctionner au-delà si elle juge qu’elle doit le faire. Des enquêtes sont en cours.
Personne aujourd’hui n’est à l’abri de ce genre d’événements malheureusement. Donc accabler Ivry me parait stérile, inapproprié voire extrêmement déplacé.

Enfin je regrette amèrement le traitement médiatique réservé à ce dossier qui a pris, selon moi, une importance démesurée au regard d’autres sujets d’actualités bien plus importants…sans compter l’impact désastreux sur le football amateur et ses bénévoles qui ne méritaient pas cela.

LT : Pour finir un mot sur l’avenir de Michel CASTEJON. On vous a vu candidat à la ligue de Paris cette année. Où se situe votre avenir ?

MC : Ma candidature à la ligue de Paris ? Au départ une énorme envie de servir le football et rien que le football. Puis au fil du temps, après avoir vu les coups en dessous de la ceinture arrivés, j’ai vite abandonné car ces pratiques ne sont pas mon hygiène de vie. Quand je lis et vois certaines choses aujourd’hui…je suis assez satisfait de mon choix et fier d’être loin de tout cela.

L’US Ivry Football est sortie de l’omnisports et reste encore jeune et pas totalement mâture dans sa structure. Il nous faut encore progresser mais nous nous évertuons à le faire au quotidien. Les choses avancent dans le bon sens.
J’ai par contre de mauvaises impressions sur la gestion du sport à Ivry et pour vous parler en toute honnêteté un sentiment de gâchis.
Mais ce n’est que mon avis et visiblement, certains, beaucoup (?), s’en contentent à ce jour. Il me faut certaines fois avaler quelques couleuvres mais étant donné leur provenance cela ne me dérange nullement….au contraire cela me nourrit.
Je fais profil bas car la vie est ainsi faite et l’heure du bilan n’a pas encore sonné.
Néanmoins je suis lucide et sais que mon avenir dans le football est … derrière moi.

Par contre une entrée en politique, 20 ans après avoir connu une première expérience dans une ville de 80 000 habitants, est une envie qui elle est complétement d’actualité.